Il y a bien longtemps.
Il y a bien longtemps désormais.
Avant que le monde ne soit celui que chacun d'entre nous connait et apprécie.
Avant que l'univers ne soit un espace dans lequel chaque individu évolue selon sa fonction dans la communauté.
Avant que la vie collective ne soit instauré.
Avant que l'épanouissement de tous ne compte plus que la plénitude d'un seul.
Avant tout cela, oui, avant, il y avait bel et bien un autre monde.
Une sphère ou la notion de bonheur n'était pas un dogme dicté par la société, par l'état.
Une civilisation ou l'art prospérait, ou la littérature n'était pas prohibé.
Mais cet art n'était que le reflet de la cruauté de la race humaine.
Les esprits s'élevaient, chaque être prônait une pensée qui lui était propre.
Mais les hommes étaient guidés par leurs passions, et leur haines viscérales prenaient le pas sur la raison.
L'imagination avait sa place dans cette société.
Mais ils prenaient néanmoins une quantité excessive de drogue, et l'addiction à des substances effroyables les consumaient de l'intérieur.
La notion de liberté était un concept prôné par chacun.
Mais une effroyable folie rongeait les esprits, la haine et la sauvagerie régnait sur ce monde de perdition. Les massacres étaient chose communes, il y eu l'anéantissement de nombreuses espèces, pire, les génocides étaient monnaie courante.
Rage, révolte, profanation, agression, attentat, brutalité, démesure, émeute, férocité, frénésie, fureur, oppression, torture, véhémence, viol, intolérance, racisme.
Il y a des siècles que ce cosmos fut détruit et reconstruit.
On nomma cette période de démence la Non-réalité.
Des règles draconiennes furent instaurés par un état omniprésent.
Le mot liberté fut rayé de l'idéologie populaire.
Le bonheur devint une notion collective.
L'art, la musique, la littérature furent interdite.
Il y a bien longtemps.
Il y a bien longtemps désormais
Avant que le monde ne soit celui que chacun d'entre nous connait et apprécie.
Avant tout cela, oui avant il y avait bel et bien un autre monde.
Puis, l'ère de la raison fut proclamé.

